Régulation de la réponse immunitaire par le système nerveux

Par delà les frontières de l’immunologie

La survie des êtres vivants dépend de leur capacité à développer des mécanismes de défense contre les dangers présents dans leur environnement. Ces mécanismes de protection impliquent à la fois des fonctions des systèmes nerveux et immunitaire.
Suite à une blessure ou lorsqu’un pathogène pénètre et se multiplie dans un tissu de l’organisme, une réaction inflammatoire se développe et les systèmes nerveux et immunitaire sont conjointement activés. Cependant, ces derniers sont généralement considérés comme deux entités autonomes dotées de fonctions propres. Si des études récentes suggèrent que des connexions existent entre eux, la nature moléculaire et les conséquences fonctionnelles de ces interactions restent relativement inexplorées. Au sein du laboratoire, le Dr Sophie Ugolini et ses collègues tentent de mesurer précisément l’impact du système nerveux sur la réponse immunitaire et les mécanismes intimes de cette régulation.

 

Lors d’une infection ou d’une inflammation, outre l’activation du système immunitaire, des messages sont transmis au système nerveux. Il s’en suit des processus complexes d’intégration de ces signaux accompagnés de production de médiateurs à la fois au niveau systémique (dans la circulation sanguine) et local (par les neurones eux-mêmes). Certains de ces médiateurs sont reconnus par des récepteurs exprimés par des cellules immunitaires et modulent leur activité. 

384

« Pour assurer la défense de l’organisme, les globules blancs reçoivent-ils le concours du système nerveux et si oui, comment ? C’est la question à laquelle nous proposons de répondre » souligne Sophie Ugolini. Pour identifier la nature de ces signaux et disséquer l’impact physiologique et fonctionnel de cette régulation, une série de modèles de souris génétiquement modifiées sont étudiées en collaboration avec des chercheurs spécialistes des neurosciences.

Ces travaux ont pour but d’ouvrir de nouvelles voies de recherche interdisciplinaire afin de développer une vision plus intégrée de la réponse de l’hôte contre des pathogènes et en retour, contribuer à la découverte de cibles thérapeutiques et de stratégies vaccinales inédites.